UX design : Zoom sur le principe d’affordance

UX design : Zoom sur le principe d’affordance

« Affordance » est un terme que l’on entend souvent dans l’univers webdesign. Ce principe est essentiel, parce qu’il permet de guider la création d’une appli en l’adaptant aux besoins des utilisateurs.

L’affordance, qu’est-ce que c’est ?

Le mot « affordance » a été créé dans les années 1970 par le psychologue américain James J. Gibson. Il a ensuite été popularisé par Donald Norman, auteur du célèbre ouvrage The Design of Everyday Things. Dans son sens premier, ce terme désigne la façon dont un objet communique à l’utilisateur comment il doit l’utiliser. C’est par exemple la poignée d’une porte qui nous indique comment l’ouvrir, et l’anse d’une tasse qui nous dit comment la tenir. Quand un produit s’inspire d’un produit existant, l’affordance ne change pas, et on sait instinctivement comment s’en servir. Si, au contraire, il est trop innovant et différent de ses prédécesseurs, il peut y avoir un manque d’affordance qui crée souvent frustration et incompréhension chez l’utilisateur.

Principe d'affordance

Design mobile et affordance

L’affordance s’applique tout particulièrement au design mobile, et nous aide à concevoir de meilleures applications en remettant en question les idées reçues. Par exemple, on croit souvent qu’on a besoin d’innover en permanence pour intéresser les utilisateurs. En réalité, cela peut être très dangereux, et créer un manque d’affordance qui déroutera les mobinautes. En matière d’UI et d’UX design, le but n’est pas de créer l’application la plus innovante possible, mais l’application qui répond le mieux aux besoins des utilisateurs, en misant sur les habitudes et les gestes déjà bien ancrés. L’esthétique et la nouveauté passent donc après l’aspect pratique, ou l’affordance d’une application.

Le paradoxe Snapchat

Il existe toutefois des exceptions à la règle de l’affordance-reine. Le plus connu est sans aucun doute Snapchat ; l’application de partage de photos et de vidéos est devenue immensément populaire malgré son manque d’affordance évident lorsque l’on utilise cette application pour la première fois. Lorsqu’elle est sortie, en 2011, elle a dérouté les mobinautes : elle ne fournissait pas d’indications sur la façon de s’en servir, introduisant de nouveaux gestes pour faire les actions de base, ainsi que des fonctions secrètes. Ce manque d’affordance a toutefois séduit au lieu de rebuter ; en jouant sur le décalage générationnel, Snapchat s’est imposé comme une application mobile « pour jeunes ». Mais attention : cela reste un véritable contre-exemple, un des rares cas où l’innovation a pris le pas sur l’affordance.

 

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